lettre du 15 Octobre 2024
MONDE
Les USA ont demandé à l’Europe un délai pour la mise en œuvre de la loi sur la déforestation
Depuis quatre ans nous suivons son évolution en multipliant les IT d’Alain Karsenty chercheur au CIRAD. Il travaille à cette loi depuis son origine. D’une idée très intéressante, elle est devenue une montagne d’articles législatifs, une véritable usine à gaz. A la demande des USA elle va murir un an à Bruxelles.
Dommageable ou non ? Sans doute quelques réponses à la COP 16.
Ci joints les IT de Karsenty : https://www.dailymotion.com/video/x844vc4,
Et. https://www.dailymotion.com/video/x8e96fg
Lire aussi l’article des Echos : « Un mal pour un bien ?
« Le report d’un an de l’entrée en vigueur de la législation européenne
interdisant l’importation de produits issus de la déforestation soulage de nombreux
acteurs du commerce international. La loi dite « anti-déforestation » vise à limiter
ce fléau attaché à de nombreuses cultures comme le cacao africain, le café, mais aussi le
caoutchouc, le soja brésilien ou l’huile de palme indonésienne – qui représentent plus
de 10% des émissions annuelles de CO2. Mais elle s’avère difficile à mettre en place
rapidement. C’est « l’exemple type d’une bonne intention transformée en monstre
réglementaire », explique Philippe Chalmin, professeur à Dauphine et spécialiste des
matières premières. Et ce, notamment pour le cacao et le café produits en Afrique.
Les exploitations n’ont rien à voir avec la production industrielle de soja ou d’huile de
palme en Asie : les plantations sont familiales et excèdent rarement les 2 ou
3 hectares. Le texte manque également de clarté sur l’obligation des opérateurs de
documenter certaines obligations – il est plutôt qualifié d’ « usine à gaz ». Et Bruxelles
est incapable de donner des instructions claires aux opérateurs privés. Pour les
négociants, cette législation va dans le bon sens, mais il faut prendre un peu de temps
pour clarifier son interprétation et la traduire en procédures opérationnelles.
En attendant, les cours du café, du cacao et du soja se sont fortement détendus.
la COP 16 à Cali (Colombie)
Lundi 21 octobre : ouverture de dix jours de négociations à Cali pour tenter de défendre la biodiversité en péril. Jamais un titre de COP n’a été aussi bien choisi « paix avec la nature ». Un slogan qui va résonner dans une ville assiégée par un groupe armé résidus des FARCs. Pour l’Amérique latine, où brûle la grande forêt amazonienne et où l’on tente d’éliminer les derniers groupes indigènes, cette COP ne revêt forcément pas le même enjeu que pour nos pays riches. La biodiversité y est encore une réalité à défendre, quand elle relève souvent pour nous d’une séquence numérique, d’une molécule, d’une protéine.
Alors que l’Union européenne recule sur ses ambitions environnementales et vient d’annoncer vouloir reporter la loi sur la déforestation importée (voir plus haut) cet accord mondial sur la nature représente une opportunité de protéger et de restaurer les écosystèmes d’une grande importance en matière de biodiversité de manière juste et équitable, au cours de la prochaine décennie.
Il y a urgence à placer le vivant au cœur des priorités politiques et économiques. Il y a surtout urgence à relier nos connaissances. La nature ne sépare pas le climat du paysage, des animaux qui le peuplent, et des humains qui l’habitent. Or nous allons encore séparer nos forces, nos recommandations, nos financements lors d’une Cop à Cali en Colombie, et d’une autre à Bakou.
Alors que la biodiversité semble parfois mise de côté au profit de la transition énergétique et de la décarbonation, il est crucial de rappeler l’interdépendance entre les enjeux. Protéger le vivant constitue un levier de pérennisation économique et financière sous-estimé par les entreprises, alors que plus de la moitié du PIB mondial dépend de lui et des services écosystémiques qu’il fournit : alimentation et pollinisation, tourisme, matériaux biosourcés, etc. A la COP16, les parties devront démontrer qu’elles peuvent mettre leurs promesses en action. « Faire la paix avec la nature est la tâche déterminante du XXIe siècle. »
lire l’article de DMF dans Cairn info : Peuton protéger la nature en vendant le vivant ? https://shs.cairn.info/revue-vraiment-durable-2014-1-page-97?lang=fr
Déjà à Nagoya en 2010, l’économiste Stern disait qu’il fallait donner une valeur au vivant pour en assurer la protection : https://www.dailymotion.com/video/x7qjlrp.
En 2022, la COP 15 de Montréal a défini des objectifs. Cali devrait établir comment y parvenir . C’est ce qu’on appelle une COP intermédiaire. Mais un gap très important existe entre l’attente de pays comme la France préoccupée de sa stratégie et de ses financements, et les attentes du sud (Colombie et Afrique) où l’on parle de survie, de paix ou de guerre, de destruction massive de la biodiversité. Si le climat repose sur l’effort de décarbonisation des pays riches, au Sud, la biodiversité est encore entachée de colonialisme et du superpouvoir des multinationales. Les ambitions de la CDB sont structurées selon trois objectifs : conserver la diversité biologique ; utiliser durablement ses composantes ; partager de manière juste et équitable les avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.
La Convention doit s’appuyer sur la mise en œuvre des décisions communes par chaque pays, souverain sur son territoire. L’investigation concernant la biodiversité se poursuivra au-delà de la COP 16, puisque les 17 et 18 décembre prochains, l’IPBES, Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, aussi appelé le “Giec de la biodiversité”, publiera deux rapports majeurs Le premier « NEXUS » vise à analyser les interdépendances entre cinq éléments – la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et le changement climatique –“L’évaluation Nexus est l’un des projets les plus ambitieux jamais entrepris par la communauté de l’IPBES, offrant un éventail sans précédent d’options de réponse concrètes, en visant à maximiser les bénéfices pour la biodiversité, l’eau, l’alimentation, la santé et les systèmes climatiques”, explique la Professeure Paula Harrison, du centre britannique d’écologie et d’hydrologie, coprésidente de l’évaluation, qui sera la première synthèse mondiale approfondie sur les interconnexions entre ces cinq crises. Grâce aux travaux des scientifiques au sein du GIEC et de l’IPBES , des solutions proposées se rejoignent .
Du global au local, pourquoi ne deviennent elles pas prioritaires , s’interroge le bon sens ? Parmi elles au hasard : la bétonisation des espaces naturels, la bitumisation des routes, la gestion et la mise en tuyau de l’eau , l’avancée de la recherche et de la gestion de la déforestation, la lutte contre la pêche industrielle et l’épuisement des fonds marins, l’état des sols… Mais surtout se poursuit le débat sur la fin des « subventions néfastes » Depuis dix ans cette question n’est encore pas réglée,
Certes la CSRD impose aux entreprises de revoir leurs modèles économiques pour les rendre compatibles avec les limites planétaires, y compris l’érosion de la biodiversité. Est ce suffisant ? Le paiement pour services écosystémiques doit être pensé à l’aune du développement des pays du sud et non en protection imposée, même si elle est accompagnée de compensation financière. Nous suivrons la COP 16 avec attention du 21 au 31 Octobre .Rv sur https://www.enmetamorphose.com
France
La Constitution à l’épreuve des crises politiques
Le 9 Octobre grâce au think tank Montpellier 20/50, nous avons eu la chance d’entendre Dominique ROUSSEAU, Professeur de Droit Constitutionnel, ancien enseignant à l’Université de Montpellier puis de Paris 1-Sorbonne et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France, au Gazette café. Le constitutionaliste est très connu et l’on comprend pourquoi. Reconnaissons-lui cette force tranquille et de vrais dons de pédagogue.
Un voyage à travers les modifications apportées par la Constitution de 1958, à travers les crises de la 5° République calma nos angoisses , car après tout il y a eu beaucoup de crises depuis 1958. Et d’abord qu’est ce qu’une crise ? Il y a la vision de Gramsci : un moment de l’histoire ; celle de Marx qui en décrit la permanence, et enfin la vision qui préconise que la crise marque une fin , tout étant à reconstruire.
La Constitution de 1958 a marqué une véritable rupture avec la 4° République transformant un régime parlementaire en régime présidentiel et depuis 1958 , la moitié des articles en ont été changés dans un paysage politique largement modifié. Aujourd’hui le Président ne peut plus prétendre qu’à deux mandats de cinq ans chacun, l’AN siège et impose son contrôle à l’exécutif en permanence, des partis nouveaux sont apparus.
Dominique Rousseau nous rappelle que de 1958 à aujourd’hui, la 5° a toujours été en crise et même plus gravement qu’aujourd’hui, que la Constitution a été écrite pour que même sans majorité la France puisse être gouvernée (car la crise est permanente entre le Président et son premier ministre, et l’usage du 49.3 permanent). Les crises successives ont dévoilé un usage particulier de la Constitution qui contient tous les instruments permettant de surmonter une crise.
Ce qui fait la singularité de la crise aujourd’hui c’est une double réalité.
D’abord, un décalage entre les termes de la Constitution et l’opinion publique. Le pouvoir du Président repose sur trois articles de la Constitution. L’article 8 qui donne au Président le charge de nommer le Premier Ministre. L’article 49 qui permet aux députés de renverser le Premier Ministre. L’article 5 qui demande au Président de veiller au bon fonctionnement de la République et en fait le garant de la Constitution. En cela la façon dont Emmanuel Macron a choisi Michel Barnier et rejeté d’autres candidats est parfaitement constitutionnelle. Car il n’y a pas de majorité en France et le programme d’un parti ne peut être un programme de gouvernement. Tous les pays européens (sauf la France apparemment) ont appris à vivre avec cela, et savent faire des compromis pour établir un programme de gouvernement.
Deuxième singularité, E.Macron ne peut plus se représenter, il ne peut donc rien promettre pour 2027 contrairement aux autres présidents qui pouvaient promettre l’alternance. Il est nu, et tous les rats peuvent quitter le navire.
Se référant à Montesquieu, Dominique Rousseau rappela que la démocratie réside dans l’équilibre entre la faculté de statuer et celle d’empêcher « nous allons dans le décor parce que nous n’avons pas trouvé cette faculté d’empêcher »
L’état d’esprit de la société a changé. Le citoyen ne veut plus donner sa voix (vote) mais donner de la voix, intervenir régulièrement. Pour cela, nous devons trouver d’autres règles du vivre ensemble. Nous ne vivons pas une crise de la démocratie mais de la forme de représentation de la démocratie. Cela nous oblige-t- il à aller vers une démocratie plus locale ? Dominique Rousseau profite de ce moment de réflexion pour rappeler que s’il, est opposé au référendum national, il n’est pas forcément opposé à des votations locales ? Dans la foulée et avant une slave de questions, il nous a rappellé l’importance des partis politiques qui forgent le sens commun et évoqué une proposition mise en œuvre en Espagne : celle de « débrancher » le Président, « pourquoi ne pas tenir désormais le Conseil des ministres à Matignon sans le Président ? Cela renforcerait le gouvernement et obligerait les médias à quitter l’Elysée pour Matignon. »
Dunkerque port du futur
Après Séte en 2023, Dunkerque accueillait cette année les 14° assises « port du futur » à l’initiative du CEREMA .
Une aubaine pour Patrice Vergriete, ministre démissionnaire qui venait de retrouver son poste de maire d’une ville, troisième port de France offrant une transformation des plus rapide et lieu bien choisi pour faire un peu de prospective, un an après l’annonce de l’implantation de la première gigafactory Vercor (usine de 2 md d’euros ), leader mondial de la batterie électrique première génération, fournisseur de Renault dans deux ans, et des 2EPR2 de la 2°plus grosse centrale nucléaire européenne.
Dèjà en lien avec l’Amérique du Sud, la Guyane, la Guadeloupe, la Colombie … Dunkerque s’affirme en agroalimentaire et confortera cette avance avec l’installation de l’usine de transformation de pomme de terre à destination du monde et surtout du moyen Orient….
Comme l’a rappelé son maire, cette ville de 210.000 habitants fut au cœur de tous les conflits. Après des sommets d’industrialisation, il fallut le choc de 2013 et une véritable hémorragie démographique pour qu’une nouvelle génération arrive et redonne un avenir au site en agissant sur deux piliers « jouer collectif et jouer le coup d’après » Ainsi est espérée la création de 16 000 emplois directs et une projection industrielle à 20 ou 30 ans. Etre compétitif encore dans dix ans, fût le pari des acteurs du dunkerquois . Pour y parvenir ils misent sur la décarbonation (_55% en 2030).
L’équipe change de point de vue : l’avenir d’un port ne sera plus d’être un point, mais plutôt d’être un corridor. Il faudra adopter une nouvelle gouvernance, une nouvelle façon d’organiser les flux entre Calais, Dunkerque et Douvres, et s’il n’existe pas encore une législation précise de la Transition Energétique on sait qu’il faut parvenir à zéro émission en 2050, décarboner donc la production et sa distribution maritime entre les ports, comme à l’intérieur des terres. Feu vert donc à la construction du projet de canal Seine-nord Europe dès 2030, ce canal à grand gabarit qui relaiera la France à la Belgique et aux Pays Bas
- Les ports du futur engagent les armateurs dans de nouvelles pratiques
L’Europe et l’ONU leur ont demandé de réduire leur vitesse et leurs émissions polluantes (CO2, Nox, SO2 mais aussi PuFs…parfois mieux vaut un peu de CO2 que beaucoup de PuFs) L’affaire est importante, 70 navires sont à décarboner d’ici 2050. La Directive européenne encore en arbitrage prévoit qu’une part des compensations faite aux états devrait revenir à la décarbonisation de ces navires. Qu’en sera- t -il ? Une des grandes questions est d’ailleurs : « aura-t-on assez de carburants verts ? » Il est sûr qu’on prend aujourd’hui des orientations sans certitudes.
De nouvelles routes se construisent, les corridors vont bouleverser les plans de transport et pour le port, il faut toujours être le meilleur pour éviter le départ d’un armateur. Vendredi 4 octobre le logisticien japonais Yusen inaugurait ses 21 000 m2 d’entrepôts. Si Hiroyuki Okamoto, président du groupe Yusen logistics, a choisi de s’implanter sur le domaine du port nordiste, c’est parce qu’il compte sur le développement d’un hub multimodal européen dans les Hauts-de-France. Un pari sur l’avenir qui s’appuie sur l’objectif du port de doubler sa capacité conteneur avec le projet Cap2020
GRAVELINES (hauts de France), une centrale nucléaire en face d’un port méthanier
Les 15 et 16 octobre, le Sénat a été le théâtre d’un débat autour d’une proposition de loi de programmation énergétique. Un texte que l’on attendait du Gouvernement depuis un an et demi mais finalement porté par des Républicains pronucléaires. Faute de débat parlementaire la mascarade nucléaire se poursuit. Il fallait un texte pour Bakou. C’est chose faite le sénat a pris une décision comme il le fera sans doute pour le budget. Résultats , la construction des 2EPR2 à Gravelines est entérinée.
En I975 au cours d’un débat public qui annonçait sa construction, nous dénoncions les travaux en cours et notamment la plomberie. Une feuille de choux à destination des dunkerquois, au nom prédestiné de « fissures » en référence aux fissures trouvées dans l’acier des cuves et des soudures fragiles vit le jour.
Trente ans plus tard ces malfaçons seront à l’origine de cet incident dit « corrosion sous contrainte de l’acier inoxydable» qui stoppera l’ensemble du parc nucléaire. Profitant de l’annonce générale, EDF opérera une intervention critique et inédite à la centrale nordiste dans le réacteur N°1 mis en service en 1980 afin de réparer une fissure extrêmement rare, découverte par l’ASN en 2011 ! Il faudra cinq ans pour en venir à bout, cette fissure était visible sur un des tubes soudés au fond de la cuve, au sein de laquelle se déroule la fission nucléaire, un phénomène de corrosion a provoqué une fissure de 3,9 centimètres de long. Un problème extrêmement rare – il n’existe que deux cas analogues dans le monde, recensés dans une même centrale aux États‐Unis – et loin d’être anodin. Selon une note de l’ASN, « une fuite à ce niveau serait considérée comme une brèche du circuit primaire du réacteur ». Autrement dit, un incident sérieux. Explique Pierre yves Bocquet dans médiacités (https://www.mediacites.fr/enquete/lille/2016/12/22/nucleaire-la-discrete-rustine-de-gravelines/)
2024 : un nouveau projet.
Deux EPR2 devraient venir jouxter le mastodonte puisque Gravelines est la plus grosse centrale nucléaire d’Europe derrière Zaporijiaa en Ukraine.Un nouveau débat public vient donc de s’ouvrir Sur place l’équipe EDF est très confiante, comme toujours : tout va bien, rien à signaler, alors que nous savons que cette centrale a été plus que menaçante. Les questions concernant « le financement du projet et les perspectives de coût de production », « les risques de dérives des coûts d’investissement et de fonctionnement », « les éléments relatifs aux combustibles et aux matières et déchets radioactifs » ou encore « les risques liés au dérèglement climatique et aux épisodes caniculaires de forte intensité », devront trouver réponses lors du débat public Gravelinois.
il faudra intégrer les conséquences du réchauffement climatique, éviter le dérapage financier de Flamanville passé de 3Md d’euros à 19 et dénoncé par la Cour des Comptes.
Dans ces dures régions des Hauts de France un emploi a toujours primé sur la qualité de vie au travail. On travaille au cœur de la mine , ou sous la chaleur de la sidérurgie, ou dans le nucléaire. EDF mise d’ailleurs sur cette attractivité de l’emploi : formation, création de filières, création d’une université du nucléaire, suivi de l’évolution des besoins.
Gravelines , bientôt une île ?
Un nouveau problème voit le jour et vient d’être dénoncé par un rapport de Greenpeace publié récemment, celui des effets liés aux changements climatiques : ouragans, montée des eaux, inondations…
Au cours de notre visite, nous longeons un très haut mur et franchissons de lourdes portes peintes en bleu, des portes qui ressemblent aux portes d’écluse qui ont été construits pour protéger la centrale, prise entre la montée des eaux de la mer promise par le réchauffement et les scénarios du GIEC, et par les inondations terriennes conséquences de la construction de Gravelines sur un polder de 100.000 ha à l’embouchure de l’AA , asséché par les watergangs qu’il faut d’ailleurs reconstruire sur le site dédié aux EPR2
2024 avant la construction des EPR2 il fait répondre aux besoins
Bientôt Gravelines atteindra le seuil fatidique des 40 ans durée maximale pour laquelle ses matériaux de construction ont été prévus et conçus. IL faudra moderniser les réacteurs et comme le dit justement Greenpeace « EDF estime que les travaux coûteront 250 millions d’euros par réacteur. Mais l’ASN, le gendarme du nucléaire, n’a pas encore décidé des exigences qu’EDF devra appliquer pour faire fonctionner les réacteurs au-delà de 40 ans. Il est donc impossible de chiffrer le coût réel des travaux pour permettre la prolongation des réacteurs nucléaires. Une chose est sûre : il pèsera sur le coût de production de l’électricité et sera répercuté sur les consommateurs et les contribuables ! »
Dominique Martin Ferrari / Dominique Martin en 1975)
Et du côté des petits réacteurs ça démarre : Pour alléger son empreinte carbone, le groupe californien GOOGLE entend acheter la production d’une demi douzaine de petits réacteurs nucléaires modulaires. Réaliste ? Les géants américains de la tech ont rapidement besoin de gros volumes d’électricité décarbonée pour assurer leur croissance sans obérer leur stratégie climatique.
Montpellier
Med Vallée
Réunis pour la 2° fois en assises au Corum, les chercheurs regroupés au sein de Med Vallée ont appris à travailler de manière horizontale, ensemble, à quitter leur « silos ». Ils ont rendu compte de leurs travaux. Partant de pôles reconnus en santé, alimentation, agronomie, décarbonation, gestion durable de l’eau, l’initiative a payé et devient référence au niveau international. Plus de 1000 emplois ont été créés, des synergies ont vu le jour. Créations, innovations, Med Vallée est aussi un formidable outil à chercher des financements et à attirer l’industrie vers Montpellier. Med vallée devient catalyseur pour Montpellier, en Santé Globale « one Health »
Premières assises du droit de la mer
« réaffirmer le droit, sauver des vies, agir ensemble en Méditerranée »
Coup de maitre pour ces premières assises soutenues par de nombreuses personnalités. Plus de 600 personnes se sont déplacées au parc des expositions de Montpellier. Au fil de la journée les témoignages se sont déroulés. Ils ont raconté la violence des traversées, la peur au ventre des migrants, la vie qui ne tient qu’à un fil, la naissance d’un enfant, le rôle des bénévoles- sauveteurs. 30.000 noyés, l’équivalent de la ville d’Agde, mais 40 662 sauvés sur les côtes méditerranéennes grâce à l’humanité des gens de mer qui ne laisseront jamais quelqu’un périr au gré des vagues quand ils peuvent agir.
Au-delà des descriptions du chaos humanitaire, un focus est mis sur le rôle trouble des pays comme la Syrie, la Lybie et désormais l’Union Européenne elle-même, qui ferme les yeux et laisse agir la violence des passeurs préférant souvent protéger les frontières plutôt que les vies.
Les migrants, passant par la Lybie, payent entre 500 et 8000 euros un passage. Pour y parvenir ils vendent leurs biens ou bénéficient de la solidarité de leur communauté. Depuis 2016, l’Océan Viking de SOS méditerranée a effectué 425 traversées : les équipages localisent un bateau, souvent en détresse, et dès le feu vert du centre de coordination italien entreprennent le sauvetage. Comme le veut la procédure, l’Italie attribue un port de débarquement pour les réfugiés. Depuis quelques temps tout s’est durci et les autorités envoient le navire ambulance de plus en plus loin (dernière escale Ravenne !) nécessitant des jours de navigation supplémentaires et l’abandon de la Méditerranée centrale là où se déroulent les naufrages. Parfois l’équipage de l’Océan Viking voit passer des cargots qui ne s’arrêtent pas pour sauver ceux qui flottent ou se noyent, ne respectant pas ainsi le droit de la mer « au-delà de la morale, ceux qui ne se sont pas arrêtés sont en infraction. Il faut faire appliquer le droit ».
Le Parlement de la Mer est avec la région, la métropole… à l’origine de cette rencontre et soutient une plateforme des collectivités locales qui ont un rôle à jouer.
Il circule beaucoup de fausses nouvelles et même du discrédit sur les sauveteurs. On mélange trop facilement ce qui relève de l’humanitaire et le discours politique.
Les organisateurs ont donc voulu jouer la transparence, donner de l’info, inviter les experts incontestables, incontestés.
La plate-forme des collectivités solidaires peut aider financièrement, et conduiire des plaidoyers. Ainsi Montpellier a mis à disposition de la rencontre la salle Rabelais.
La démarche est importante en cette période politiquement trouble. Le sauvetage en mer c’est 24.000 euros par jour. La rencontre n’a d’ailleurs pas échappée au selfie que quatre RN ont posté sur Instagram : « voilà à quoi est dépensé l’argent public. »
François Thomas qui préside SOS Méditerranée tient à rappeler les tragédies, le manquement des états, la nécessaire solidarité au moment où les droits humains ne sont plus respectés et où la Méditerranée reste la route migratoire la plus mortelle. Des dizaines de milliers de personnes arrivent dans des conditions invraisemblables et ces mouvements sont alimentés par les conflits en cours. L’Europe ferme les yeux et ignore les pays de première arrivée (l’Italie par exemple) comme en témoignera l’ancien maire de Palerme aujourd’hui député européen Leoluca Orlando. De nouvelles routes s’ouvrent . Ainsi 130% d’augmentation du trafic a été observé côté Atlantique.
L’idée est d’associer les régions aux négociations, d’où cette initiative, avec la mise en œuvre de routes, l’accueil des réfugiés. Certaines régions européennes (les euro régions) comme les Canaries ont des compétences pour accueillir les adolescents. Une loi catalane oblige à l’intégration (éducation, travail..) Une solidarité peut donc se tisser entre trois régions qui semblent prêtes : l’Occitanie, la Catalogne, les iles baléares (mais le territoire est si petit et 3000 migrants venus d’Algérie sont déjà arrivés !)
Une charte a clôturé la rencontre. Elle réclame une meilleure coordination, une meilleure distribution des rôles, une meilleure connaissance de la crise migratoire avec à la clé plus de ressources. L’Europe finance trop la Lybie : des enquêtes ont démontré la porosité entre les gardes côtes et les trafiquants d’êtres humains..
Mais les assises réclament aussi l’abolition des sanctions qui pèsent sur les bateaux humanitaires, la mise en oeuvre d’une flotte de sauvetage financée par l’Europe car pour l’instant ce sont les ONGs qui font le travail des états. SOS Méditerranée interpellent l’OMI : « confiez nous une mission de sauvetage et sa confirmation en droit européen »
Il convient de préserver la mémoire de tout cela et de faire un petit pas pour plus d’humanité.
MEDIAS :
Le temps des bilans :
l’AJE (association des journalistes environnement) a fêté ses trente ans à bord de la péniche « Marcounet « à Paris, le 4 octobre dernier. Un grand moment pour les médias spécialisés dans l’environnement puisque l’AJE est née en 1994.
Mais comme le soulèvent nombre « d’anciens » (B Lalonde, B. Laville, M. Papallardo, Chevassus au Louis…) ces trente ans marquent la fin d’une pratique journalistique, celle de l’avant 92 qui avait dû affronter le doute, les crises, la première écriture d’une grande histoire, tout en dévoilant une information aujourd’hui surabondante. Quelques repères :
Des pionniers à nos jours : évolution du métier
Le journaliste de l’environnement n’est ni militant, ni partisan. Comme les autres, il pratique un journalisme fondé sur les faits, la confrontation des idées, la vérification des sources. « Il observe et commente l’avancée du monde à l’aune des engagements pris : accords internationaux, directives européennes, lois, décrets, arrétés….Ces promesses n’engagent que ceux qui y croient, mais pas le journaliste. » (Valery Laramée président de l’association des journalistes environnement (l’AJE)
Très nettement l’histoire du journalisme de l’environnement traverse trois périodes
La première que l’on daterait des années 1970 à 1990.
On compte alors très peu de journalistes vedettes dans les grands quotidiens qui traitent les sujets environnementaux. Ils sont personnellement « concernés », soit depuis le début, soit ils le sont devenus. Ils ont vécu des crises qui ont aiguisé leur esprit critique. Ils ont dû se battre pour en parler : premiers dégâts de la chimie, naufrage de l’Amoco, Sandoz, Tchernobyl, Bhopal, le nucléaire, les OGM….Sans informations, rendre compte des faits nécessitait un travail d’enquête. Ils ont appris à se méfier des discours de l’industrie et de l’Etat.. N’oublions pas que la Convention d’Aarhus qui donne accès à l’information date seulement de 1998.
Une seconde génération apparait après le sommet de la terre en 1992 : L’environnement fait alors les titres, disparaît, revient. Les trois Conventions signées à Rio s’inscrivent dans un climat où les Journalistes spécialisés sont déjà très formés. Ils fournissent une information importante et de bonne qualité. Très rapidement le climat va prendre le pas sur les autres sujets. Au discours technocratique mis à mal dans les années 80, ils doivent superposer un nouveau langage cette fois onusien, diplomatique. Du local ils passent au global. Encore aujourd’hui, très peu de journalistes possèdent une culture onusienne. C’est la naissance des médias mondiaux où l’on ne se préoccupe plus seulement de l’Europe ou de la France, mais aussi des pays en développement
Enfin une troisième génération à partir des années 2000 et l’apparition d’internet.
L’énormité du sujet est telle qu’on traite l’environnement à travers tous les sujets. On a gagné en nombre, mais souvent on a perdu en qualité. Un déluge d’informations et le systèmisme font leur apparition. Il faut rendre compte des faits, mais aussi des analyses sociétales. Les verts nés il y a un demi siècle en 1983 sont devenus un parti politique qui modèle l’opinion: articles sur l’effondrement/apocalypse et articles sur les solutions.
Faute de connaissances historiques, beaucoup de journalistes noyés sous les faits produisent du doute en place de la connaissance. Ils poursuivent la confusion entre sensationnel et habituel : les records ne doivent plus être décrits comme historiques, mais comme attendus ou prévus.
Il est difficile de trouver des gens qui ont la mémoire d’une histoire et peuvent rendre compte des progrès. On croit parler d’une nouvelle question, et en fait on découvre que la science travaille depuis longtemps ce sujet sans que cela soit rappelé. Or les aller retours ont leur importance, expliquent, produisent de la connaissance. On trouve dans les études scientifiques de quoi questionner la communication, car le temps de l’info n’est pas celui de l’écologie. Combien d’effets d’annonce restent sans suite quand l’innovation est confrontée au temps et à la complexité du réel ? et cela n’est pas forcément un échec. « En fait les grands journalistes sont ceux qui sont curieux de tout ; de la dimension scientifique, de l’environnement en lien avec le développement, des sciences naturelles, de la physique comme de l’économie, des sciences sociales, des cultures » dira Brice Lalonde (ministre de l’environnement sous Michel Rocard.1988/1992) Mais quelle rédaction permet aujourd’hui à ses journalistes en charge de l’environnement de prendre le temps nécessaire pour accéder à cette multiple connaissance ?
DMF
L’importance de la question
Socrate, le philosophe grec, était un maître de l’art du questionnement. Pour lui, c’est en posant les bonnes questions qu’on accède à la vérité. Comment réintroduire cet esprit socratique de la réflexion critique dans notre consommation d’information ?
Expo : « Palestine : les journalistes pris pour cible ? »
Le 128 Avenue de Toulouse a le plaisir d’annoncer l’ouverture de l’exposition « Palestine : les journalistes pris pour cible ? », qui se tiendra en visite libre tous les jours de 10h à 13H et de 14h30 à 17h30. Cette exposition, met en lumière le travail courageux des journalistes en Palestine et les défis auxquels ils font face dans l’exercice de leur métier.
À travers des photographies saisissantes et des témoignages poignants, l’exposition vise à sensibiliser le public aux conditions de travail des journalistes dans les zones de conflit.
Elle illustre non seulement les dangers auxquels ils sont confrontés, mais aussi l’importance de leur rôle dans la couverture des événements et des réalités vécues par les populations locales. Dates : Du 14 octobre 2024 au 01 novembre 2024, Horaires : Tous les jours de 10h à 12h30 et de 14h30 à 17h30
Quelques retours sur DIVERGENCE FM « nous n’avons qu’une terre »
Retrouvez les podcasts. https://divergence-fm.org/filterpodcast/nous-navons-quune-terre/ Désormais trois diffusions : par semaine : Vendredi 12h, Dimanche 18h, Mardi 8h30
Sauvons Novethic, menacé de fermeture |
Depuis 20 ans, Novethic est un acteur essentiel de la transition écologique et sociale en France, qui participe à une mission d’intérêt général plus que jamais essentielle : informer et former les acteurs économiques |
A LIRE
Pourquoi l’écologie perd toujours, – Clément SENECHAL – Le Seuil . Pour tout savoir, replay de l’excellente émission du 13 oct sur France 5 : C politique, animée par Thomas Snégaroff : une belle discussion
Planet AQUA, le nouveau livre de Jeremy RIFKINL’Europe et l’Asie sont en tête du monde avec l’introduction d’une « économie bleue » pour accompagner « l’économie verte ».Nous avons longtemps cru que nous vivons sur une planète terrestre alors qu’en réalité nous vivons sur une planète aquatique, et maintenant l’hydrosphère terrestre nous entraîne dans une extinction massive alors qu’elle recherche une nouvelle normalité.La grande remise à zéro, dit Rifkin, consiste à repenser les eaux comme une « source de vie » plutôt que comme une « ressource » et à apprendre à s’adapter à l’hydrosphère plutôt que de l’adapter à nous.
« Le Comité économique et social européen, le Comité européen des régions, des industries critiques, des associations professionnelles, la communauté agricole, le gouvernement, le monde universitaire et la société civile se sont tous unis autour d’un scénario et d’un plan d’action pour faire face au changement radical du climat provoqué. par une hydrosphère sauvage qui tue nos semblables et met en danger notre propre espèce à une échelle sans précédent dans l’histoire, quand partout, l’humanité a peur et cherche des réponses. »
L’appel à un « Blue Deal » massif, accompagnant l’actuel « Green Deal », sera la pièce maîtresse du nouvel agenda élargi de l’Union européenne, précise J Rifkin
Soutenu par des recherches approfondies, ce nouveau travail majeur réalisé par l’un des plus grands intellectuels publics vise à redéfinir le cœur même de notre existence sur la planète Aqua.
« PATRIOTE» , sortie le 22 octobre , AlexeÏ NAVALNY
« Le régime sinistre de Poutine est condamné » : le déchirant testament d’Alexeï Navalny, l’autobiographie posthume de l’opposant Un ultime réquisitoire contre Vladimir Poutine, tout comme un vibrant plaidoyer pour que la Russie « devienne enfin un pays normal
L’histoire d’Alexeï Navalnys’est achevée tragiquement le 16 février, à l’âge de 47 ans. Le principal opposant à Vladimir Poutine est mort dans une colonie pénitentiaire de l’Arctique, officiellement de « causes naturelles ». Mais le site d’investigation The Insider a révélé le 1er octobre que ce décès serait dû à un nouvel empoisonnement. Ces dernières années, très lucide sur son destin, Navalny savait qu’il ne sortirait plus vivant des geôles russes tant que Poutine serait au pouvoir. Lui restait donc l’écriture comme ultime arme.
AGENDA
– 15 oct med vallée 2° assises
– 17 oct droits de la mer et des solidarités maritimes
– 18 oct Arles : Erik Orsenna , les grands deltas et le changement climatique
-18 au 20 oct : université UTOPIA à Sète
– 21 oct : ouverture Cali, COP 16, biodiversité
– 21 oct Lyon, congrès international d’écologie et évolution
– 23 oct Congrès des parcs naturels régionaux à Sigean
– 29oct conférence euro-méditerranéenne sur la RUT
– 5 nov salon littoral, grande motte
– 6 nov rencontres inter régionales de la bioéconomie à Caen
– 7 nov : 18h Gazette café « la Méditerranée au cœur des Océans » avec G Sainteny
– 7 nov Paris réglementation des déchets dangereux entre simplification et regression
– 7 nov Bruxelles, hydrogène
– 11nov ouverture de la CO 29 à Bakou, climat
– 13 nov , horizon hydrogène
– 14 nov. Paris forum national des ENR et de la biodiversité
– 19 nov Paris salon des maires